Quand on entend parler d’un incendie, de nombreux termes techniques peuvent prêter à confusion : feu « fixé », « maîtrisé », « circonscrit », « éteint » ou encore « noyé ». Chacun de ces mots a une signification spécifique pour les pompiers, et ils correspondent à différentes étapes dans la gestion d’un feu.
Feu « fixé »
Un incendie est considéré comme « fixé » lorsque sa progression a été stoppée. Autrement dit, les flammes ne gagnent plus de terrain, même si le feu continue de brûler dans la zone déjà touchée. À ce stade, les pompiers ont réussi à contenir les foyers les plus violents, souvent à l’avant du feu ou du côté sous le vent, là où les flammes sont généralement les plus actives. Toutefois, des reprises restent possibles sur les flancs.
Feu « maîtrisé »
Lorsque le feu est « maîtrisé », cela signifie que les foyers les plus importants ont été éteints. Les bords du sinistre sont alors sous contrôle, et les pompiers veillent à éteindre toutes les flammes résiduelles présentes en périphérie.
Feu « circonscrit »
Quand les pompiers parviennent à entourer entièrement l’incendie, empêchant sa propagation, on parle alors de feu « circonscrit ». Cela permet d’isoler l’incendie du reste de la végétation.
Feu « noyé » et « éteint »
Pour s’assurer qu’un incendie ne reprenne pas, il faut « noyer » les zones affectées. Cela implique d’éliminer toute source de chaleur résiduelle, notamment les braises. Cette opération consiste à arroser abondamment les lisières, à gratter le sol si nécessaire, puis à arroser de nouveau.
On dit que le feu est « éteint » lorsque plus aucun foyer actif, point chaud ou fumée ne subsiste. À ce moment-là, les pompiers peuvent quitter les lieux.
Feu en développement
Quand on dit « feu en développement », cela veut dire que le feu avance et grandit. Les flammes s’étendent sur une plus grande surface et deviennent plus fortes et dangereuses. Le feu n’est pas encore contrôlé, il progresse rapidement.
Feu en régression
Quand on parle de « feu en régression », cela signifie que le feu diminue ou faiblit. Après plusieurs heures de travail des pompiers, le feu devient moins important et plus facile à maîtriser. Les pompiers commencent à reprendre le contrôle et à éteindre l’incendie.
Feu stabilisé
Un feu stabilisé est un incendie qui ne progresse plus et dont les flammes sont contrôlées. Cela signifie que le feu est arrêté à un certain endroit et ne se propage plus, même s’il n’est pas encore complètement éteint. Les pompiers ont réussi à maîtriser la situation, mais doivent continuer à surveiller le feu pour éviter qu’il ne reparte.
Sautes de feu
Les pompiers ont très peur des sautes de feu. Cela se produit quand des morceaux de végétation en feu s’envolent et allument de nouveaux foyers jusqu’à plusieurs centaines de mètres devant le feu principal.
Les produits utilisés : mouillants et retardants
L’eau n’est pas le seul élément utilisé pour combattre les flammes. Deux produits chimiques viennent souvent renforcer l’efficacité des interventions :
- Le mouillant : ajouté à l’eau, il en améliore la pénétration dans la végétation, ce qui facilite l’extinction des foyers.
- Le retardant : de couleur rouge, ce produit ralentit l’avancée des flammes. Sa teinte vive permet aux équipes au sol d’identifier les zones déjà traitées.
L’appui aérien
Pour compléter l’action des équipes au sol, des moyens aériens sont régulièrement mobilisés.
- Le Canadair, hydravion d’une capacité de 6 tonnes d’eau par largage, capable de se ravitailler en mer ou sur un lac.
- Le Dash, gros porteur d’une capacité de 10 tonnes d’eau. Il permet de faire de grandes barrières de retardant.
- L’Hélicoptère bombardier d’eau : il a une capacité de 800 à 1.450 litres. Le HBE vient en soutient pour des largages précis et ciblés en des points difficiles d’accès.
- Le Tracker : avion bombardier d’eau d’une capacité de 3,2 tonnes d’eau, qui se ravitaille au sol. Déployé sur les feux naissants, il peut larguer des produits mouillants ou retardants.
Comprendre ces termes permet de mieux saisir le travail méthodique et complexe des pompiers face aux incendies. Chaque étape est cruciale pour limiter les dégâts et assurer la sécurité des populations et de l’environnement. Derrière chaque mot se cache un savoir-faire précieux et une coordination rigoureuse sur le terrain.
Photo : Hélicoptère larguant de l’eau © Sapeurs-Pompiers – SDIS 66, Perpignan